Passer au contenu principal
Cap sur les compétences

Programme intensif de rédaction : des travaux conçus à partir des objectifs d’apprentissage

Prévoyez des travaux qui s’inscrivent dans les objectifs d’apprentissage tout en étant compatibles avec la charge de travail des étudiants et la vôtre.

par LOLEEN BERDAHL | 02 AOÛT 21

Beaucoup de professeurs n’aiment pas corriger (c’est d’ailleurs peut-être votre cas). Cette tâche peut susciter toute sorte d’émotions, que ce soit de la joie, du désespoir, de l’ennui ou de l’amusement, ainsi que des inquiétudes. Est-ce que j’enseigne mal? L’examen était-il trop difficile? Mes consignes étaient-elles claires? D’autres difficultés liées à la correction des travaux peuvent également causer du stress et prendre beaucoup de temps, comme rencontrer des étudiants insatisfaits de leur note.

Aujourd’hui, les activités de la formation intensive sur la rédaction d’un plan de cours porteront sur les éléments à évaluer, c’est-à-dire les travaux que les étudiants doivent accomplir pour obtenir une note à la fin du cours. Mon but est de vous aider à choisir des éléments d’évaluation qui s’inscrivent dans les objectifs du cours et qui correspondent à vos champs d’intérêt et à ceux de vos étudiants. Idéalement, grâce à un peu de créativité et de préparation, vos travaux susciteront l’enthousiasme des étudiants et vous aurez hâte de les évaluer.

Commencez par les objectifs d’apprentissage du cours, puis poussez votre réflexion

Il y a une question que les étudiants posent encore et toujours : « Cette matière sera-t-elle à l’examen? » Qu’on le veuille ou non, les étudiants accordent beaucoup d’importance à ce qui sera évalué, et c’est pourquoi il est essentiel de concevoir les travaux en fonction des objectifs d’apprentissage du cours. Ainsi, chaque travail a sa raison d’être, et n’est pas qu’une simple copie de ce que vos prédécesseurs et vous avez toujours fait.

Pour lancer la réflexion, imaginez que vous n’avez plus accès au modèle d’évaluation le plus répandu de votre discipline (par exemple, des rapports de laboratoire, un examen de mi-session et un examen final, puis un autre examen de mi-session, un travail de fin de session et un autre examen final). Quand vous cherchez des idées de travaux, prenez pour point de départ les objectifs d’apprentissage que vous avez conçus lors de la première journée de cette formation intensive. Pour chaque objectif d’apprentissage, posez-vous les questions suivantes :

  • Quels types de travaux donneront aux étudiants l’occasion de vivre une expérience qui leur permettra d’atteindre cet objectif?
  • Quels types de travaux permettront aux étudiants de montrer leurs progrès par rapport à l’objectif?

N’oubliez pas : un travail à réaliser peut viser plusieurs objectifs. Ainsi, un même objectif peut être intégré à plusieurs travaux (particulièrement s’il est lié aux compétences professionnelles).

Faites un remue-méninges et consultez des listes d’idées en ligne pour stimuler votre créativité. Voici un de mes exemples créatifs favoris : un collègue de l’Université de la Saskatchewan a intégré la conception d’un jeu de société à un séminaire d’histoire. Si vous avez tendance à opter pour les travaux écrits (essai, examen, document d’information, rapport de laboratoire, document de travail, proposition), demandez-vous s’il est possible d’évaluer les étudiants à l’oral (présentation, soutenance, balado) ou encore selon leur apport au cours (participation, présence, évaluation par les pairs, débat), de manière visuelle (affiche, schéma conceptuel, vidéo, diapositives) ou dans un autre format créatif, comme une prestation. Vous pouvez aussi laisser à l’étudiant le choix du format, comme je l’ai fait pour un travail portant sur le principe de donner au suivant.

Pensez à ce qui pourrait constituer un défi stimulant pour vos étudiants. Comment pouvez-vous susciter leur intérêt envers le travail à réaliser et, par extension, la matière? Quels types de travaux vous procureront du plaisir à corriger?

Déterminez ce qui doit être noté et dans quelle mesure

Certains travaux à corriger exigent plus d’attention que d’autres. Je trouve utile de classer les évaluations de travaux dans l’une ou l’autre des catégories suivantes :

  1. Travail complet ou incomplet : ces évaluations sont des jalons. Elles aident les étudiants à garder le cap et contribuent aux travaux futurs, mais n’exigent pas une correction en profondeur ni l’attribution d’une notation en chiffres.
  2. Travail examiné en profondeur : ces évaluations clés contribuent à l’atteinte des objectifs d’apprentissage ou permettent de déterminer s’ils ont été atteints. Le travail fait l’objet d’une évaluation approfondie et reçoit une notation en chiffres.

Lorsque vous les utilisez à bon escient, ces deux catégories d’évaluation sont bénéfiques, tant pour vous que pour les étudiants. Elles permettent de réduire le temps accordé à la correction, en plus de permettre aux étudiants de déterminer quels travaux méritent le plus d’attention.

Il est possible de combiner les deux catégories. À titre d’exemple, dans le cadre d’un cours en ligne, j’avais prévu des activités d’apprentissage pratique hebdomadaires. Deux fois par session, les étudiants m’envoyaient le résultat de leurs activités d’apprentissage des six dernières semaines. Parmi ces travaux, ils en choisissaient un que je corrigerais en profondeur. Aux autres travaux, j’attribuerais la mention « complet » ou « incomplet ».

Quand vous calculez votre charge de travail associée à la correction, pensez aussi à la charge de travail totale de vos étudiants. Comme nous l’avons vu hier, vous pouvez utiliser une calculatrice en ligne du temps de travail, puis faire les ajustements nécessaires.

Déterminez la pondération

Il peut être difficile de décider quel pourcentage de la note globale correspond à chaque travail. Voici quelques astuces :

  • Prévoyez un travail à faible valeur en début de session. Ainsi, les étudiants se familiariseront avec vos attentes et votre style de correction, et ils recevront vos commentaires avant la date limite pour abandonner le cours. Selon mon expérience, ce travail devrait valoir de 10 à 25 % de la note globale.
  • Donnez la valeur la plus élevée au travail qui, selon vous, est le plus pertinent dans la poursuite des objectifs d’apprentissage. Je lui accorde habituellement de 40 à 50 % de la note globale.
  • Si vous évaluez l’apport des étudiants au cours, interrogez-vous sur la valeur que vous lui accordez. Si vous croyez que la simple présence en classe ou la publication de commentaires génériques sur un babillard (« je suis d’accord », « bien dit ») ne justifie pas la conversion d’un C en B, prévoyez la pondération en conséquence.
  • Certains programmes d’études exigent que l’examen final compte pour un certain pourcentage de la note globale. Pensez à consulter les exigences de votre programme d’études.

Présentez clairement la raison d’être de chaque travail

Je crois en l’importance d’un enseignement explicite, ce qui s’applique aussi aux travaux. Expliquez clairement aux étudiants en quoi consiste le travail à remettre, mais aussi pourquoi il fait partie du cours. Il suffit de quelques phrases dans le plan de cours pour établir un lien explicite entre les travaux prévus et les objectifs d’apprentissage. Voici un exemple : « Ce travail vous permettra d’aiguiser vos compétences en analyse critique (objectif d’apprentissage 4) et de montrer que vous comprenez les facteurs qui contribuent aux changements climatiques (objectif d’apprentissage 2). » Consultez le site du projet Transparency in Learning and Teaching : vous y trouverez d’autres ressources pour favoriser la transparence concernant les travaux, y compris un très utile modèle de description.

Vos devoirs dans le cadre de la formation intensive sur la rédaction d’un plan de cours

Voici vos devoirs du jour, qui devraient vous prendre moins d’une heure :

  • Revenez sur vos objectifs d’apprentissage et faites un remue-méninges pour trouver des idées de travaux qui cadrent avec ces objectifs (temps nécessaire : de 15 à 20 minutes).
  • Déterminez quels travaux doivent faire l’objet d’une notation en chiffres et décidez de la pondération (temps nécessaire : environ 10 minutes).
  • Rédigez de brefs énoncés qui expliquent la raison d’être de chaque travail par rapport aux objectifs d’apprentissage (temps nécessaire : environ 10 minutes).

Demain, j’aborderai la répartition des travaux à remettre et le reste de la matière dans un volet sur la création d’un calendrier de cours.

À PROPOS LOLEEN BERDAHL
Loleen Berdahl
Loleen Berdahl est une universitaire primée. Elle est aussi directrice générale de l’École supérieure de politique publique Johnson Shoyama (Université de la Saskatchewan et Université de Regina), ainsi que professeure et ancienne responsable du programme de sciences politiques de l’Université de la Saskatchewan. Depuis 2016, Mme Berdahl participe à des conférences et visite des campus universitaires d’un bout à l’autre du Canada pour parler de la formation et du perfectionnement professionnels des étudiants. Ses travaux de recherche dans ce domaine sont financés par le programme de subventions Savoir du Conseil de recherches en sciences humaines. Parmi ses plus récentes publications, mentionnons les ouvrages Work Your Career: Get What You Want from Your Social Sciences or Humanities PhD (University of Toronto Press; en collaboration avec Jonathan Malloy) et Explorations: Conducting Empirical Research in Canadian Political Science (Oxford University Press; 4e édition rédigée en collaboration avec Jason Roy).
COMMENTAIRES
Laisser un commentaire
Affaires universitaires modère tous les commentaires reçus en fonction des lignes directrices. Les commentaires approuvés sont généralement affichés un jour ouvrable après leur réception. Certains commentaires particulièrement intéressants pourraient aussi être publiés dans la version papier du magazine ou ailleurs.

Your email address will not be published.