Une somme remarquable sur l’université québécoise 

L’université au Québec. Enjeux et défis. Collection Regards sur l’université. Laboratoire interdisciplinaire de recherche sur l’enseignement supérieur. 925 pp.

22 septembre 2025
Graphique par : Edward Thomas Swan

L’enseignement supérieur se situe au cœur des sociétés du savoir. Au Québec seulement, le budget total des universités représente plus de huit milliards de dollars. Plus de 70 000 personnes travaillent en enseignement supérieur au Québec. On dénombre plus de 500 000 personnes qui y étudient. Une multitude de transformations marquent ce secteur : les changements dans les besoins des apprenantes et apprenants, les migrations, l’évolution des technologies, les nouveaux modes de gouvernance et les dynamiques de concurrence internationale, notamment. Il devenait ainsi impératif de dresser un portrait actuel de l’institution universitaire dans sa globalité.  

Pour celles et ceux que la chose universitaire québécoise intéresse, voici donc un ouvrage publié par le Laboratoire interdisciplinaire de recherche sur l’enseignement supérieur (LIRES). Intitulé L’université au Québec. Enjeux et défis, ce collectif regroupant les contributions de 59 chercheures et chercheurs se décline en cinq parties et 30 chapitres.  

Ce livre est à l’image du LIRES. Il s’appuie sur les expertises variées mais complémentaires d’un grand nombre de chercheures et chercheurs francophones. Comptant plus d’une centaine de membres affiliés à plus de 30 établissements et organismes, le LIRES est d’ailleurs l’un des plus grands regroupements de chercheuses et chercheurs en enseignement supérieur au Canada et dans la Francophonie.  

L’ouvrage pose les jalons historiques importants qui sont les assises de l’Université alors que la première partie sur « les finalités » installe de manière actuelle des questions sur l’essence même de l’université. La deuxième partie, consacrée aux « activités », examine selon plusieurs perspectives complémentaires l’articulation entre l’enseignement, la recherche et les services à la collectivité. La troisième partie, intitulée « Les acteurs », s’intéresse aux transformations touchant divers groupes universitaires : égalité entre les femmes et les hommes, condition étudiante, administration, professorat et personnel chargé de cours.  

La quatrième partie qui attire l’attention sur « les environnements organisationnels » regroupe des textes sur la liberté académique à l’université et au collégial, la collégialité, le financement, la planification stratégique, l’assurance qualité et les mythes sur les différents statuts attribués aux universités. Enfin, la cinquième partie, « Les environnements contextuels », regroupe onze chapitres proposant un florilège de résultats de recherche sur des enjeux tels que le renouvellement de l’expérience d’apprentissage, la formation à distance, l’évaluation des apprentissages, l’ÉDI, la dualité linguistique, les défis du réseau collégial, l’internationalisation ainsi que la création de l’Université de l’Ontario français. 

Les autrices et auteurs identifient des défis tels que le taux de diplomation, la planification de la demande et les crises qui traversent l’espace universitaire. Ils et elles abordent également la question de la détresse psychologique que vivent des membres de la communauté universitaire. Par ailleurs, l’ouvrage met en exergue différentes tensions entre les missions économique et sociale de l’université, entre populisme et recherche de vérité, voire entre protection de la liberté académique et application de mesures instaurées au nom de l’ÉDI. À ces tensions s’ajoutent des discussions quant aux statuts des universités au Québec dans un contexte de compétition, au renouvellement de la tradition de collégialité dans une communauté universitaire fragmentée, et sur la langue d’enseignement et de diffusion des connaissances.  

C’est avec une grande justesse que Christine Musselin souligne dans sa préface : « Les auteurs ont fait le choix de se frotter à des défis qui correspondent à des tendances profondes, qui ne sont pas conjoncturelles mais qui s’inscrivent au contraire dans le temps long […] »; selon elle, c’est un ouvrage « qui couvre un très grand nombre de sujets sans perdre en cohérence » et « qui révèle un collectif de chercheurs et chercheuses sur l’enseignement supérieur et la recherche au positionnement innovant […] affich[ant] clairement leur intention de ne pas être que des observateurs éclairés de l’enseignement supérieur et de la recherche », mais de « contribuer à leur développement ». 

Enfin, comme l’affirme le scientifique en chef Rémi Quirion : « [C]ette publication trouvera son utilité auprès de toute personne qui s’intéresse ou agit au sein de l’enseignement supérieur. »  

Il ne me reste qu’à vous souhaiter joie, curiosité et découvertes fascinantes à la lecture de cette somme rigoureuse et stimulante sur l’enseignement supérieur. 

Le livre est disponible en libre accès sur la plateforme Érudit au https://www.erudit.org/fr/livres/lires/luniversite-au-quebec/ 

Ou encore, en format papier sur demande, directement au LIRES ([email protected] 

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