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Plus de flexibilité pour le nouveau programme de bourses canadiennes

Le Programme canadien des bourses de la Francophonie cède sa place à une nouvelle formule de distribution de bourses internationales.

par CATHERINE COUTURIER | 08 SEP 22

Le gouvernement Trudeau a annoncé en juin dernier le lancement du programme de Bourses canadiennes de développement international 2030. Celui-ci se veut la suite et l’élargissement de l’ancien Programme canadien des bourses de la Francophonie, qui lui se terminera en 2025.

Plus large, plus flexible

Entièrement financé par le ministère des Affaires mondiales du Canada, le nouveau programme disposera d’un budget de 80 millions de dollars sur huit ans. « Dans le Programme canadien des bourses de la Francophonie, les financements de cinq ans ne donnaient pas beaucoup de temps aux étudiants boursiers d’aller au Canada, de faire leurs études et de revenir dans leur pays d’origine », souligne Pascale Bédard, gestionnaire des opérations du programme. En s’étendant sur huit ans, le programme répond mieux à l’évolution de la situation internationale, et pourra procéder à plusieurs appels à projet et à candidature, ajoute-t-elle.

Une autre grande différence par rapport à l’ancien programme réside dans la répartition des pays où il sera offert. Ainsi, en plus des pays de la Francophonie (75 % des bourses leur seront dédiées) celui-ci s’étend aussi aux pays du Commonwealth et aux petits États insulaires en développement. « On vise au minimum 24 pays », précise Mme Bédard. L’Afrique subsaharienne continuera d’occuper le haut du pavé (90 % des bourses). De plus, des efforts particuliers seront faits pour s’assurer que 51 % des bénéficiaires seront des femmes.

Le premier ministre Justin Trudeau (sur la photo entouré par la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, et le haut-commissaire du Canada au Royaume-Uni, Ralph Goodale) a profité de son passage au Sommet des chefs du gouvernement du Commonwealth, qui a eu lieu à Kigali, au Rwanda, le 25 juin 2022, pour dévoiler le nouveau Programme canadien de bourses d’études pour le développement international 2030. Photo : Paul Chiasson/The Canadian Press.

Géré par un consortium formé d’Universités Canada (éditrice d’Affaires universitaires) et de Collèges et Instituts Canada, le programme permet de rassembler 236 établissements, soit l’ensemble de ceux œuvrant en enseignement supérieur au Canada. Il faut savoir que dans plusieurs pays, le volet professionnel est également chapeauté par les universités. « C’est un consortium pleinement intégré, explique Mme Bédard, qui représente d’ailleurs les deux organisations. Ça décloisonne, et ça permet une flexibilité pour répondre aux besoins des partenaires. »

Des ententes régionales ont par ailleurs été conclus avec trois partenaires stratégiques : l’Union économique et monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), l’African Institute for Mathematical Sciences (AIMS) et l’Association des Universités africaines (AUA). « En travaillant de façon régionale, on favorise la mobilité de la main-d’œuvre », souligne Mme Bédard. Les formations pourraient par exemple être reconnues dans plusieurs pays, et un programme être offert à des citoyens de plusieurs États africains.

Deux volets

« Déjà au moment de la révision du Programme canadien des bourses de la Francophonie en 2009, le gouvernement canadien avait indiqué l’importance de viser le renforcement des capacités institutionnelles », relate Mme Bédard. Pour travailler en ce sens, un deuxième volet a été ajouté à celui plus classique des bourses individuelles. Le premier volet vise les étudiant.e.s en cours de formation (à la fois les étudiant.e.s inscrit.e.s au doctorat, à la maîtrise et au premier cycle, mais aussi les personnes suivant une formation professionnelle et technique). Plus de 300 boursier.ère.s sur huit ans profiteront de ces bourses, qui couvrent autant les droits de scolarité, le transport que les frais de séjour.

Quant à lui, le deuxième volet réserve une enveloppe importante à la mise sur pied de partenariats entre des établissements de formation et d’enseignement du Canada et des pays partenaires. Une fois que l’établissement local aura choisi son partenaire canadien, un travail de collaboration s’effectuera pour renforcer les capacités des établissements à l’étranger.

Environ 6 500 personnes sont visées par ce volet : enseignant.e.s, administrateur.trice.s, personnel de ministère, etc. Ces bourses permettront d’adapter des formations sur mesure, selon les besoins spécifiques des établissements locaux : développement de programme d’études, formation sur l’insertion professionnelle ou l’entrepreneuriat, etc. Les formations peuvent se faire sur place ou au Canada. D’une durée de trois à cinq ans, ces partenariats permettront de développer des liens, et qui sait, des échanges de longue durée.

Six secteurs prioritaires ont été identifiés pour les pays partenaires, un point important pour favoriser le retour des étudiants dans leur milieu d’origine : sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM), actions pour le climat, intelligence artificielle, économie verte et bleu, science de la santé, gouvernement et administration. Différentes approches seront également explorées : mise en place d’un plan de retour, mentors dans les pays d’origine, etc.

On prévoit plusieurs appels à candidatures durant la vie du programme; celui pour le premier volet sera lancé à la fin de l’automne, une fois le plan de mise en œuvre approuvé par Affaires mondiales Canada. Les partenaires et leurs homologues canadiens formuleront par la suite des propositions de bourses. Un comité de sélection externe (représentation des pays partenaires, d’associations féminines, etc.) sélectionnera les partenaires, et les candidat.e.s seront choisi.e.s par des comités formés par les établissements partenaires. Les premier.ère.s étudiant.e.s devraient être accueilli.e.s au printemps prochain. Pour le deuxième volet, les partenaires locaux détermineront d’abord leurs besoins, avant que les appels soient lancés dans le réseau canadien.

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