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Le métro prend de la hauteur

La station Polytechnique-Alstom représente un véritable sanctuaire au milieu de la bourdonnante école de génie.

par MAUD CUCCHI | 04 MAR 20

L’idée semble farfelue, et c’est un euphémisme. Installer une voiture de métro dans le vide, en intérieur et au troisième étage d’un atrium. 13 tonnes perchées au-dessus des têtes de quelque
9 000 inscrits à Polytechnique Montréal – sans compter les professeurs. Un comité d’étudiants des plus motivés a réussi le projet vertigineux de reconvertir l’une des toutes premières voitures de métro de la Société de transport de Montréal (STM) – un demi-siècle au compteur – en espace de détente dédié à la santé mentale et psychique des étudiants. Zen…

« Initialement, on ne savait pas si c’était possible, ça paraissait fou », concède Érika Lajeunesse, finissante au baccalauréat en génie industriel. Un projet « fou » dans sa conception, dans ses délais de réalisation puisqu’il a fallu plus de trois ans pour convaincre la direction de l’établissement d’accepter cette nouvelle addition, fou aussi dans le choix de l’emplacement, à dix mètres de hauteur.

La station Polytechnique-Alstom située dans l’Atrium Lorne-M.-Trottier a été conçue par le comité étudiant Station Polytechnique, avec la collaboration de l’architecte des pavillons Lassonde. Photo par Caroline Perron/Polytechnique Montréal.

« Original ! » C’est ainsi que Philippe A. Tanguy, directeur général de Polytechnique, a accueilli la proposition. « C’était un projet difficilement réalisable sur le plan technique, qui devait répondre à des normes d’incendies et de sécurité du bâtiment, sans compter la mise en place en suspension dans l’atrium. C’est un véritable défi en génie du bâtiment, mais aussi en recherche de commandites », explique-t-il. Un bon exercice formateur, en somme, pour des étudiants passionnés.

Les défenseurs du projet ont d’abord réussi à remporter un concours lancé par la STM qui cherchait à recycler les voitures MR-63 arrivées en fin de vie, les premières du métro montréalais devenues de véritables pièces patrimoniales. La nouvelle vocation s’est imposée comme sur des rails en suivant la voie de la sensibilisation au bien-être, une préoccupation éminemment actuelle, défend Érika Lajeunesse.

« Plusieurs recherches démontrent que les jeunes adultes universitaires sont plus à risque d’en souffrir. Nos études à polytechnique sont compétitives ; on vit beaucoup de stress et parfois de la solitude, particulièrement chez les étudiants étrangers. »

Conscients que la population universitaire est plus à risque, les créateurs de la station y interdisent tout travail lié aux études. On y pénètre pour méditer, se reposer, visionner un film ou un match de tennis, lire un roman, caresser un animal de compagnie dans le cadre d’un atelier de zoo animation, se laisser hypnotiser par le faux feu de cheminée diffusé à la télé. Bref, un espace de détente et de repos comme ceux en vogue dans les universités, mais à l’originalité inégalable.

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