La nature et les Premières Nations à l’honneur à l’Université Trent
Un nouveau plan de gestion environnementale rétablit les liens entre les espaces verts du campus et le savoir anishinaabe.
Sur le campus de l’Université Trent, plus de 360 hectares d’espaces verts abritent de nombreuses espèces végétales et animales, et préservent un lien concret avec l’histoire autochtone.
Située dans la petite ville de Peterborough, en Ontario, l’Université restructure son réseau vert pour créer un ensemble d’espaces écologiques interreliés. Le plan de gérance de l’environnement Ggwepnandizamin, annoncé en avril, établit une feuille de route sur sept ans pour la gestion et la protection du territoire, en insistant sur l’intégration des savoirs autochtones dans la recherche environnementale, l’éducation, l’apprentissage axé sur le territoire et la gestion des terres.
Élaboré en partenariat avec la Première Nation Michi Saagiig et des organisations environnementales locales, le plan prévoit aussi une collaboration continue avec le conseil des aînées et aînés et des gardiennes et gardiens du savoir de l’Université Trent et les conseillères et conseillers spécialistes du territoire de Michi Saagiig.
« En examinant diverses zones, particulièrement autour du parc et de l’Université, on découvre beaucoup de milieux humides importants, explique Tom Cowie, responsable des savoirs et des consultations autochtones de la Première Nation Hiawatha. Ces milieux sont essentiels, car ils abritent des plantes médicinales. »
Pour M. Cowie, ces espaces ne sont pas que des réservoirs écologiques; ils font aussi partie d’une compréhension plus large du territoire, un territoire vivant et en relation avec les êtres humains. « On nous a toujours appris à prendre soin du territoire et à le laisser en meilleur état pour les générations futures, explique-t-il. Nous le traitons comme un membre de notre famille, plutôt que comme un bien de consommation ou une ressource. »
Il ajoute que cette conception des choses témoigne de la façon dont les communautés autochtones voient le partage des connaissances : « Nous ne sommes pas là pour retenir le savoir, mais pour le partager. »
Alors que le Canada se prépare à célébrer la Journée nationale des peuples autochtones le 21 juin, des initiatives comme celle de l’Université Trent mettent en valeur les cultures, les histoires et les apports des peuples des Premières Nations, métis et inuits. Cette journée invite la population canadienne à réfléchir à des moyens d’intégrer les connaissances et les voix autochtones au sein des institutions qui les ont historiquement exclues.
« Lorsqu’on prend le temps d’écouter et d’intégrer la vision du monde du peuple anishinaabe, et de comprendre son système familial et l’esprit qui anime toutes les espèces vivantes, on ressent un appel profond qui nous guide dans notre travail », indique Julie Davis, vice-rectrice aux relations externes et au développement à l’Université Trent.
Mme Davis souligne que l’établissement d’une collaboration entre les systèmes de savoirs occidentaux et autochtones nécessite une recherche intentionnelle d’équilibre et un dialogue constant. « Pour préserver ce qu’on appelle un espace éthique, où ces systèmes sont sur un pied d’égalité, il faut se parler et travailler ensemble, explique-t-elle. Ne pas reconnaître le savoir autochtone et ne pas collaborer serait faire preuve d’une grande arrogance. »
Barbara Wall, professeure agrégée et chercheuse issue des deux cultures à l’école d’études autochtones Chanie Wenjack de l’Université Trent, soutient que « la recherche faite pour et avec les communautés autochtones améliorera la durabilité et la santé environnementales, et donc la santé humaine sur de nombreux plans. »
Toutefois, comme elle le souligne, de multiples obstacles entravent la recherche menée par des personnes autochtones, particulièrement sur le plan du financement et des capacités. Les partenariats avec des établissements universitaires peuvent faire tomber certaines barrières en offrant un soutien et des ressources supplémentaires aux communautés, à condition que les espaces de collaboration demeurent accueillants et respectueux.
« Il faut établir des relations fondées sur la confiance et le respect, et bien souvent, celles-ci doivent être établies avant même d’entreprendre toute recherche », précise Mme Wall.
En bref, le plan de gérance Ggwepnandizamin intègre de nombreuses dimensions, dont une nouvelle manière de voir l’environnement et le territoire. C’est une occasion de mieux comprendre les milieux terrestres et aquatiques, mais aussi toutes les formes de vie qu’ils abritent. En favorisant un meilleur partage des connaissances, ce plan de gérance de l’environnement offre un chemin concret vers un avenir plus inclusif et plus durable.
Postes vedettes
- Comptabilité financière - Profeseure adjointe / agrégée ou profeseure adjoint / agrégéUniversité d'Ottawa
- Ergothérapie - Professeure régulière ou professeur régulier (pratiques professionnelles et systèmes de santé en transformation)Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)
- Unité de recherche préclinique en neurosciences - Assistant de recherche 2, durée d'un anUniversité McGill
- Chaire de recherche Impact+ CanadaUniversité du Québec à Rimouski
- Art et science de l’animation - Professeure ou professeurUniversité Laval
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