8 étapes clés pour réussir votre doctorat en génie ou en science
Comment éviter de tomber dans les 35 % des personnes qui commencent un doctorat et qui ne l’auront toujours pas terminé après 10 ans ?
Quelles stratégies adopter pour mettre toutes les chances de votre côté pour réussir votre doctorat en génie ou en science ? C’est ce qu’explique, en 332 pages, Caroline Boudoux, professeure en génie physique à Polytechnique Montréal dans Cela va sans dire : guide génial pour un doctorat de génie ! Publié par Les Presses de l’Université de Montréal, c’est le livre qu’elle aurait aimé lire lorsqu’elle a commencé son doctorat au Harvard-MIT Health Sciences and Technology. En guise d’aperçu, elle présente 8 étapes essentielles.
1- Bien choisir la personne directrice de votre thèse
Lorsque vous entreprenez un doctorat, la qualité de la relation que vous développerez avec la personne directrice de votre thèse est un bon prédicteur de votre succès. Est-ce que ce sera une personne qui brille à l’international, mais rarement disponible pour vous ? Est-ce qu’elle sera du type à signaler toutes vos erreurs sans proposer de solutions ? Aux yeux de Mme Boudoux, l’idéal est de pouvoir faire un stage ou passer quelques jours dans son laboratoire avant de commencer votre doctorat pour voir sison style de gestion s’arrime avec vos besoins. Ou, du moins, allez rencontrer les membres de son équipe. « Si ce n’est pas possible, précise-t-elle, assoyez-vous ensemblepour partager vos attentes. Si vous frappez un mur, une solution pourrait être d’aller vers une codirection de thèse. »
2- Réfléchir concrètement à votre carrière
Avant de plonger dans votre doctorat, l’autrice conseille de réfléchir à votre carrière. « Neuf personnes sur 10 qui terminent leur doctorat ne seront pas professeur ou professeure d’université », précise-t-elle. C’est donc important de regarder d’autres avenues. « Vous rencontrerez énormément de personnes avec un doctorat pendant votre projet, donc ça vaut la peine d’observer leur travail et de leur poser des questions », conseille Mme Boudoux. Comment êtes-vous arrivé à ce poste ? Qu’auriez-vous aimé apprendre lors de votre doctorat qui aurait rendu votre travail plus facile aujourd’hui ? Quelle compétence a fait de vous la personne candidate idéale pour votre poste ? Elle vous suggère de dresser une liste de cinq ou six compétences à développer, comme le leadership, la gestion et la communication. « Vous pourrez ensuite faire des choix en conséquence, comme donner un cours, travailler sur une demande de subvention, faire un stage industriel », énumère-t-elle.
3- Vous écrire une lettre pour décrire vos motivations
La première année de doctorat, où tout est à découvrir, est un peu comme une lune de miel, remarque la professeure. « Mais, elle ne durera pas, affirme-t-elle. Profitez de ce moment pour vous écrire une lettre qui explique votre motivation. Par exemple, ça peut être de créer un instrument qui changera le monde. Vous pourrez la relire dans les moments difficiles et ça redonnera du sens à ce que vous faites. »
4- Prendre soin de sa santé mentale
« Vous pourriez vous sentir très isolés lors de votre doctorat », affirme Caroline Boudoux. Surtout si vous déménagez dans un autre pays, ce qui est un grand stress. Cela peut se combiner à une rupture amoureuse, à un parent qui tombe malade, etc. Pendant ce temps, vous verrez vos collègues du baccalauréat décrocher de bons emplois, s’acheter une propriété, etc. « C’est bon d’y penser dès le départ, affirme-t-elle. En plus, un doctorat, c’est un moment très intense dans une vie. C’est difficilement réalisable en faisant du 9 à 5. C’est dur de décrocher, mais il faut s’assurer de rester en santé. » Si vous vous retrouvez en difficulté, vous aurez avantage – en plus de lire votre lettre de motivation ! – d’en parler à la personne qui dirige votre thèse. « Elle pourra vous diriger vers le soutien psychologique offert par l’université et s’assurer que vous aurez bien été pris en charge. »
5- Vous investir dans votre proposition de thèse
Lors de la première année du doctorat, vous devrez préparer votre proposition de thèse. « C’est le moment où vous creuserez votre sujet pour vous l’approprier, indique la professeure. Il faut tout lire ce qui a été écrit sur le sujet, comprendre ce que font les différents groupes de recherche dans le monde et déterminer ce que vous pourrez y apporter grâce à vos intérêts et vos compétences. »
6- Éviter de tomber dans le piège des revues prédatrices
Publier vos résultats de recherche fait partie de la vie des scientifiques et vous devriez viser une revue réputée. « Chacune a son propre format et c’est important de lire plusieurs papiers pour s’habituer au style, explique-t-elle. Ça vous aidera pour la rédaction. » Mais, il est possible que vous essuyez un refus. « Tout le monde se fait, un jour ou l’autre, refuser une publication, affirme-t-elle. Et souvent, c’est la première fois que la personne au doctorat, généralement une première de classe, est confrontée à l’échec. C’est dur. » Il peut donc être tentant de se tourner vers une revue « prédatrice » avec un processus de révision par les pairs inexistant ou expéditif. « Souvent, ces revues vous inviteront directement à écrire un article, explique-t-elle. C’est flatteur, mais ces revues contribuent plus au bruit qu’au signal. » Sa recommandation pour départager le bon et le mauvais : discuter avec les bibliothécaires de votre université.
7- Réaliser une planification dynamique de son projet de recherche
Vous aurez avantage à planifier votre travail pour vos cinq années de doctorat et de vous ajuster au fil des découvertes. « Même si la première année est consacrée à la proposition de thèse, c’est important d’aller au laboratoire, affirme Caroline Boudoux. Ça vous permettra d’apprendre à travailler avec l’infrastructure de recherche aux côtés d’étudiantes et d’étudiants plus avancés et, idéalement, d’obtenir des résultats préliminaires à intégrer à votre proposition. » Ensuite, elle conseille de prévoir de publier environ trois articles entre la deuxième et la quatrième année. « L’idée, c’est d’éviter de prendre trois ans pour réaliser le premier et de ne plus avoir de temps pour les autres. Puis, si vous êtes confronté à un échec, votre comité de thèse pourra vous aider à faire pivoter votre projet. »
8- Rédiger les chapitres autour des articles
Idéalement, après quatre ans, vous aurez environ quelques publications. Les derniers mois du doctorat seront donc consacrés à la rédaction des chapitres qui viendront avant et après, soit l’introduction, la recherche de littérature, la discussion générale et la conclusion. « Généralement, vous utiliserez beaucoup le travail réalisé pour votre proposition de thèse et vos articles scientifiques, indique la professeure. Mais, il faut regarder ce qui a été publié depuis. Ça se fait généralement assez bien. L’étape la plus difficile, c’est la rédaction des articles scientifiques. C’est le cœur de votre thèse, votre apport à la science ! »
Postes vedettes
- Art et science de l’animation - Professeure ou professeurUniversité Laval
- Chaire de recherche Impact+ CanadaUniversité du Québec à Rimouski
- Sociologie du travail - Professeure régulière ou professeur régulierUniversité Laval
- Comptabilité financière - Profeseure adjointe / agrégée ou profeseure adjoint / agrégéUniversité d'Ottawa
- Unité de recherche préclinique en neurosciences - Assistant de recherche 2, durée d'un anUniversité McGill
Laisser un commentaire
Affaires universitaires fait la modération de tous les commentaires en appliquant les principes suivants. Lorsqu’ils sont approuvés, les commentaires sont généralement publiés dans un délai d’un jour ouvrable. Les commentaires particulièrement instructifs pourraient être publiés également dans une édition papier ou ailleurs.