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Budget fédéral de 2019 : compétences, bourses d’études et accès des Autochtones aux études

Le budget préélectoral du gouvernement fédéral contient plusieurs mesures importantes pour les étudiants et les universités.

par ANQI SHEN | 21 MAR 19

Le gouvernement fédéral libéral a déposé le 19 mars son budget préélectoral axé sur les compétences, l’emploi et la jeunesse, et sur certains éléments liés au logement abordable, à l’assurance médicaments et aux personnes âgées. Le budget contient plusieurs mesures clés pour le secteur postsecondaire, y compris la création de 84 000 stages en milieu de travail pour les étudiants de l’ensemble du pays d’ici 2023.

Apprentissage intégré au travail (AIT)

Près de la moitié des stages découleraient d’investissements fédéraux répartis sur cinq ans à compter de 2019, soit 631 millions de dollars dans le Programme de stages pratiques pour étudiants afin de créer 20 000 stages supplémentaires par année pour les étudiants de toutes les disciplines et 150 millions de dollars sur quatre ans pour Emploi et Développement social Canada afin de créer 20 000 stages supplémentaires par année à compter de 2020. La Table ronde du milieu des affaires et de l’enseignement supérieur (BHER), à qui le gouvernement a accordé 17 millions de dollars sur trois ans, créera également 44 000 occasions d’AIT.

Selon Valerie Walker, directrice générale de la Table ronde, les fonds réservés à BHER serviraient à coordonner les activités d’évaluation, à sensibiliser les employeurs et à perfectionner la plateforme numérique de jumelage Campus Connect élaborée par Magnet et Orbis Communications. Mme Walker, également coprésidente du nouveau Conseil des Compétences futures, a qualifié de « sans précédent » les investissements fédéraux annoncés pour aider les étudiants canadiens à se préparer au marché du travail.

« Nous sommes extrêmement heureux, a-t-elle indiqué. Depuis 2016, les membres de la Table ronde exercent des pressions pour que tous les étudiants bénéficient d’un stage au cours de leurs études. C’est formidable d’apprendre que le gouvernement fédéral s’est donné le même objectif et y consacre les fonds nécessaires. »

Sophie D’Amours, rectrice de l’Université Laval et vice-présidente du conseil d’administration d’Universités Canada, s’est dite ravie que le budget « participe à enrichir l’expérience universitaire en créant des occasions d’AIT pour les étudiants de toutes les disciplines », c’est-à-dire non seulement en sciences, en technologie, en génie et en mathématiques, mais en arts et en sciences humaines aussi. Elle a également salué les engagements en matière de formation continue « en cette ère de transition vers le numérique et de bouleversements sur le marché du travail ».

Formation continue

Le budget fédéral, qui prévoit pour le présent exercice financier un déficit de 14,9 milliards de dollars, mais qui devrait diminuer à 9,8 milliards de dollars en 2023, propose plusieurs initiatives liées aux compétences, y compris une Allocation canadienne pour la formation non imposable destinée aux travailleurs de 25 à 64 ans. Les travailleurs admissibles pourraient accumuler un solde par tranche de 250 dollars par année, jusqu’à un plafond de 5 000 dollars, et utiliser ce montant pour se perfectionner dans les universités, collèges et autres établissements admissibles à compter de 2020.

Bourses d’études et prêts étudiants

Conformément à la promesse faite lors du dernier budget, le gouvernement a réservé des fonds aux bourses d’études et de recherche pour les étudiants aux cycles supérieurs. Le budget accorde 114 millions de dollars sur cinq ans à compter de 2019, et 26,5 millions de dollars par année par la suite aux organismes subventionnaires fédéraux afin de créer annuellement 500 bourses d’études au niveau de la maîtrise et 167 bourses d’études de trois ans au niveau du doctorat dans le cadre du Programme de bourses d’études supérieures du Canada.

« Il fallait augmenter le nombre de bourses d’études. Le budget comble une partie de nos besoins. Il ne répond pas à toutes nos demandes, mais le gouvernement a fait un pas dans la bonne direction », précise Mme D’Amours.

Les chercheurs étudiants et postdoctoraux qui recevront des fonds obtiendront aussi douze mois de congé parental payé, soit six mois de plus qu’auparavant. Les étudiants de niveau postsecondaire profiteront aussi d’un taux d’intérêt inférieur dans le cadre du Programme canadien de prêts aux étudiants à compter de l’exercice actuel, ainsi que d’une période de grâce de six mois après la fin de leurs études avant de devoir commencer à rembourser. Des mesures visent aussi à moderniser le Programme afin d’aider les étudiants handicapés. Toutes ces mesures ont été bien accueillies par les étudiants, selon Manjeet Birk, directrice générale de l’Alliance canadienne des associations étudiantes.

« Nous sommes très satisfaits de ce budget. Nous sommes aussi ravis que le gouvernement investisse dans les étudiants et l’avenir, souligne Mme Birk. Ces annonces revêtent une importance particulière, car nous planifions une campagne non partisane pour inciter les étudiants à aller voter aux prochaines élections fédérales. »

Accès des Autochtones aux études

Le budget fédéral accorde de l’importance au soutien des Autochtones, y compris des étudiants, en facilitant leur accès aux études postsecondaires et en les aidant pendant leurs études.

Mme D’Amours reconnaît que les jeunes Autochtones représentent le segment de la population canadienne qui connaît la plus forte croissance et « qu’il y a un réel besoin de soutenir les étudiants autochtones; des jeunes talentueux et compétents qui devraient avoir un meilleur accès à l’éducation ».

Le gouvernement a promis 328 millions de dollars sur cinq ans aux Premières nations dans le cadre de l’expansion du Programme d’aide aux étudiants de niveau postsecondaire. Il a aussi promis 126 millions sur dix ans pour une stratégie d’éducation postsecondaire dirigée par les Inuits et 362 millions sur dix ans pour une stratégie dirigée par les Métis. Indspire, une organisation caritative autochtone, recevra neuf millions de plus sur trois ans afin d’offrir des bourses d’études et de soutien supplémentaires aux étudiants des Premières nations, inuits et métis.

Éducation internationale

À compter de 2019, le gouvernement investira 148 millions de dollars sur cinq ans dans la nouvelle Stratégie du Canada en matière d’éducation internationale, qui comprend un projet pilote de mobilité étudiante vers l’étranger offrant des possibilités de travail et d’études. Ces fonds serviront également à faire valoir le Canada comme destination de choix pour les étudiants étrangers.

Autres faits saillants du budget liés à la recherche

  • Réseau de cellules souches : financement renouvelé de 18 millions de dollars sur trois ans à compter de 2019-2020.
  • Fondation Brain Canada : jusqu’à 40 millions de dollars sur deux ans à compter de 2020-2021 pour le Fonds canadien de recherche sur le cerveau, conditionnels à un financement de contrepartie provenant des partenaires non gouvernementaux de la Fondation.
  • Institut de recherche Terry Fox : jusqu’à 150 millions de dollars sur cinq ans à compter de 2019-2020 pour créer un réseau national des centres d’oncologie Marathon de l’espoir. L’Institut amasserait un financement de contrepartie à partir de ses propres ressources et auprès d’autres organisations, y compris des fondations hospitalières et de recherche.
  • Cancer de l’ovaire Canada : dix millions de dollars sur cinq ans à compter de 2019-2020 pour combler les lacunes dans la connaissance des méthodes de prévention, de dépistage et de traitement efficaces.
  • Génome Canada : 100,5 millions de dollars sur cinq ans à compter de 2020-2021 afin de lancer de nouveaux concours et projets de recherche de grande envergure, en collaboration avec des partenaires externes.
  • Parlons sciences : dix millions de dollars sur deux ans à compter de 2020-2021.
  • TRIUMF : 195,9 millions de dollars sur cinq ans à compter de 2020-2021. Avec 96,8 millions provenant des ressources existantes du Conseil national de recherches Canada, le soutien fédéral totalisera 292,7 millions pour les cinq prochaines années.
  • Fonds stratégique pour les sciences : pour accroître l’efficacité des investissements fédéraux dans les organisations tierces de recherche et de science, le budget de 2019 propose de créer un Fonds stratégique pour les sciences en 2022-2023. Ce nouveau fonds servira à mettre en œuvre les recommandations formulées dans le cadre des consultations avec ces organisations.
  • Ressources naturelles Canada (recherche fédérale) : jusqu’à dix millions de dollars sur deux ans à compter de 2019-2020 pour aider le Programme du plateau continental polaire à répondre à la demande croissante.
  • Environnement et Changement climatique Canada (recherche fédérale) : jusqu’à 21,8 millions de dollars sur cinq ans à compter de 2019-2020 pour la station météorologique Eureka de l’île Ellesmere (Nunavut). Cet investissement permettra d’apporter les réparations essentielles et les mises à niveau nécessaires.
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