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Faites place aux étudiants au parcours non traditionnel

Les programmes de soutien universitaires aident des étudiants de différents horizons à réussir dans un système qui, à l’origine, n’a pas été conçu pour eux.

par WENDY GLAUSER | 01 AOÛT 18

Ce texte est un sommaire de l’article « Universities make way for the “non-traditional” student ».

Dominique Oliver-Dares se souvient des cours d’introduction à sa première année à l’Université Dalhousie. Lorsqu’elle regardait la foule autour d’elle, elle n’apercevait qu’une poignée d’autres étudiants noirs répartis dans la pièce. « C’était très intimidant, confie-t-elle. Parfois, les autres étudiants se connaissent déjà d’ailleurs, ou ils sont simplement plus à l’aise de créer des liens avec les étudiants qui leur ressemblent. Je n’arrivais pas à engager la conversation aussi facilement qu’eux. »

En deuxième année, Mme Oliver-Dares a éprouvé des difficultés dans ses cours en raison de problèmes personnels. Elle s’est alors présentée au centre d’aide aux étudiants noirs de son université. « J’ai commencé à y aller spontanément, pour socialiser. Je n’avais pas vraiment la confiance nécessaire pour demander de l’aide, mais j’ai vu d’autres étudiants obtenir du soutien dans leurs études. J’ai pu expliquer au coordonnateur ce dont j’avais besoin. » Elle a été jumelée à un pair aidant et redirigée vers des ressources sur le campus dont elle ignorait l’existence. Grâce au soutien et au suivi régulier du centre d’aide et de son pair aidant, Mme Oliver-Dares est passée du statut d’étudiante en probation pour figurer sur la liste du doyen. Aujourd’hui étudiante de deuxième année en droit à l’Université Dalhousie, elle agit à titre de pair aidant à son tour.

L’exemple de réussite scolaire de Mme Oliver-Dares correspond aux parcours que les universités canadiennes tentent de reproduire. Les expériences de vie, les attentes et les difficultés des étudiants d’aujourd’hui sont plus diversifiées que celles des générations précédentes. En 2016, le Consortium canadien de recherche sur les étudiants universitaires (CCREU) a sondé les étudiants de première année de 34 universités. Selon ce sondage, 40 pour cent des participants étaient issus des minorités visibles, trois pour cent se déclaraient Autochtones, 11 pour cent étaient étudiants de première génération (aucun de leurs parents n’a suivi d’études postsecondaires), 22 pour cent ont déclaré être handicapés et 34 pour cent avaient un emploi. Ces proportions sont en hausse dans presque chaque catégorie par rapport au précédent sondage des étudiants du CCREU, réalisé en 2013. Comme l’a dit le Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur : « Qu’ils soient plus âgés, travailleurs à temps plein, handicapés, parents célibataires, étudiants de première génération ou autochtones, les étudiants au parcours non traditionnel sont en train de devenir la norme. »

Le programme Q Success de l’Université Queen’s met lui aussi à profit des mentors pour venir en aide aux étudiants au parcours non traditionnel. Selon Woo Kim, gestionnaire de l’expérience étudiante, le programme jumelle plus de 200 étudiants avec un mentor chaque année. Les jumelages sont fondés sur ce que les étudiants recherchent, par exemple un mentor qui partage leur identité raciale ou qui est lui aussi un parent. Le programme est présenté aux étudiants lors d’activités d’orientation et annoncé sur des affiches et des dépliants disséminés sur le campus.

Bon nombre de programmes destinés aux étudiants au parcours non traditionnel insistent sur le fait que le meilleur réseau pour les aider dans leurs études est souvent issu de leurs communautés culturelles. L’Aboriginal Student Access Program (ASAP) de l’Université de Calgary repose sur ce principe. Ce programme d’accès aux étudiants autochtones est expressément destiné à aider les étudiants autochtones à s’adapter à la vie sur le campus. Quelque 35 étudiants s’inscrivent au programme chaque année, estime Jennifer Quin, directrice principale des services aux étudiants à l’Université de Calgary. Tous les participants suivent un cours d’anglais de première année et un cours d’études autochtones ensemble et se rassemblent lors d’activités et d’ateliers.

Le programme Access to University (A2U) de l’Université Wilfrid Laurier tire parti du travail et de l’expertise d’un organisme communautaire de la région afin d’aider les étudiants au parcours non traditionnel à s’inscrire à l’université et à réussir leurs études. Au cours des deux dernières années, des professeurs de l’Université Wilfrid Laurier se sont joints à un organisme à but non lucratif du centre-ville de Kitchener, en Ontario, qui vient en aide à des personnes en situation de chômage et de pauvreté. Les jeunes adultes bénéficiant des services du centre sont invités à participer au programme A2U, qui les prépare à l’université en leur offrant cinq cours d’introduction gratuits qui comptent pour la moitié des crédits habituellement alloués pour ces cours. Les 15 participants sélectionnés chaque année « sont souvent nouvellement arrivés au Canada, parfois des réfugiés, et font presque toujours partie de la première génération de leur famille à fréquenter l’université », explique Bob Sharpe, professeur du département de géographie et d’études de l’environnement de l’Université Wilfrid Laurier et responsable du programme.

Le programme Spanning the Gaps, offert par l’Université Ryerson à Toronto depuis 11 ans, est un autre programme de transition venant en aide aux étudiants dont les rêves de formation universitaire ont été compromis par un traumatisme, un trouble d’apprentissage non diagnostiqué, des obstacles financiers ou des responsabilités familiales. Chaque année, 70 étudiants s’inscrivent au programme à temps partiel de la Chang School of Continuing Education, où ils suivent trois cours : un de rédaction, un de mathématiques et un de pensée critique. Ceux qui réussissent ces cours non crédités sont admis au programme de premier cycle de leur choix l’année suivante. Presque tous les participants réussissent, en grande partie grâce aux instructeurs motivants et au soutien apporté par le personnel du programme.

Rédigé par
Wendy Glauser
Wendy Glauser est journaliste à Toronto.
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