Les universités sont admissibles à un fonds d’infrastructures de 51 G$
Le Fonds pour bâtir des collectivités fortes, annoncé dans le budget présenté ce mois-ci, est le premier programme fédéral d’infrastructures à long terme accessible aux établissements d’enseignement supérieur.
À partir de l’année prochaine, les universités canadiennes auront accès à un fonds fédéral d’infrastructures à long terme.
Le Fonds pour bâtir des collectivités fortes, annoncé dans le cadre du budget 2025, accordera 51 milliards de dollars sur 10 ans et 3 milliards de plus par année par la suite afin de financer une vaste gamme de projets pour appuyer la croissance économique des collectivités. On ne sait toutefois pas exactement comment ces montants seront répartis.
« C’est très réjouissant de constater que le gouvernement fédéral reconnaît l’aspect communautaire des infrastructures universitaires », souligne Gabriel Miller, président-directeur général d’Universités Canada (qui publie Affaires universitaires).
« Nos campus ne sont pas seulement des lieux d’apprentissage et de recherche : ce sont également des piliers pour les collectivités du pays. Investir dans des installations universitaires modernes et durables renforce l’économie locale, contribue à l’innovation et donne à la population étudiante les espaces dont elle a besoin pour se former aux emplois de l’avenir. »
Le Fonds pour bâtir des collectivités fortes comprendra trois volets. Les universités et les collèges sont mentionnés explicitement comme bénéficiaires potentiels du volet provincial et territorial. Si le budget est adopté, on fournira ainsi 17,2 milliards de dollars sur 10 ans pour « soutenir les infrastructures favorisant l’accès au logement (p. ex. routes, eau, eaux usées), les infrastructures de santé (p. ex. hôpitaux) et les infrastructures collégiales et universitaires ».
Pour pouvoir obtenir ces fonds, les provinces et les territoires doivent accepter de réaliser des investissements égaux à ceux du gouvernement fédéral et accepter « de réduire considérablement les redevances d’aménagement et de ne pas prélever d’autres droits qui entravent l’offre de logements ».
Le gouvernement fédéral verserait les sommes aux provinces et territoires, qui les achemineraient aux municipalités, qui elles les distribueraient aux collèges et aux universités.
Le volet de prestation directe, quant à lui, viendra appuyer « des projets qui sont importants à l’échelle régionale, des rénovations majeures, l’adaptation climatique ou les infrastructures communautaires ». Les bénéficiaires potentiels seront « tenus de solliciter des investissements du secteur privé, y compris des investissements privés obtenus par l’intermédiaire du financement de la Banque de l’infrastructure du Canada ». Au moment d’écrire ces lignes, on ne sait toujours pas si les établissements d’enseignement supérieur seront admissibles à ce volet.
Dans le budget, le gouvernement s’engage à appuyer 23 projets à partir du volet de prestation directe « ou d’autres programmes fédéraux existants ». Parmi cette liste initiale, notons la Faculté de médecine à l’Université métropolitaine de Toronto à Brampton, en Ontario, qui a accueilli sa première cohorte en septembre dernier, et l’Université de l’Inuit Nunangat, qui espère ouvrir ses portes en 2030. Les sommes allouées à l’Université métropolitaine de Toronto serviront à la construction d’un nouvel immeuble pour la population étudiante et à l’établissement de cliniques d’enseignement en soins primaires dans les communautés avoisinantes. Dans un communiqué publié le 4 novembre, l’université a précisé qu’elle recevrait 25 millions de dollars du fédéral.
Enfin, le Fonds pour le développement des collectivités du Canada deviendra le volet communautaire, auquel les universités ne sont pas admissibles.
Logement, Infrastructures et Collectivités Canada a indiqué que des précisions sur le Fonds pour bâtir des collectivités fortes seraient bientôt fournies.
Bon nombre d’universités canadiennes ayant des infrastructures vieillissantes, des groupes de représentation ont souligné aux provinces qu’il est plus que temps de renouveler ces infrastructures et d’investir dans les immobilisations. En Ontario, par exemple, un groupe d’experts a souligné dans son rapport de 2023 que les installations collégiales et universitaires sont dans un état « passable à médiocre, en sachant que les coûts estimés en vue de leur réparation, de leur modernisation ou de leur réfection avoisinent 16 % du coût de leur remplacement ». En 2019, on estimait que l’entretien différé – le report d’activités d’entretien, comme les travaux de réparation, dans le but d’économiser de l’argent – des collèges et universités en Ontario totalisait 6,4 milliards de dollars, dont 1,7 milliard pour les collèges. Quatre ans plus tard, a soutenu le groupe d’experts, ce montant avait sans doute augmenté.
De même, le Bureau de la vérificatrice générale de Terre-Neuve-et-Labrador a publié en janvier 2025 un rapport où on mentionne que l’entretien différé représentait un fardeau de 481 millions de dollars pour l’Université Memorial, et que l’état général des installations de l’université est médiocre, voire critique.
Le gouvernement fédéral a déjà accordé du financement aux universités par le biais de deux programmes d’une durée limitée pour stimuler l’économie. Le Programme d’infrastructure du savoir (PIDS), lancé en réponse à la récession de 2008-2009, a fourni deux milliards de dollars en deux ans aux collèges et aux universités. Grâce à des contributions de contrepartie des provinces, des établissements et d’autres partenaires, le PIDS a appuyé 520 projets à hauteur de plus de 5 milliards de dollars, selon son rapport d’évaluation. Ces investissements ont ciblé 235 établissements d’enseignement supérieur et permis d’améliorer les installations de recherche-développement, les locaux de formation, l’efficacité énergétique et les aspects santé et sécurité des installations, ainsi que de mettre en place des installations d’incubation pour l’industrie et la recherche.
Le Fonds d’investissement stratégique pour les établissements postsecondaires (FIS-EPS), annoncé dans le budget de 2016, a quant à lui fourni deux milliards de dollars en trois ans. Explicitement conçu pour moderniser les infrastructures postsecondaires afin d’appuyer la recherche, la commercialisation et la durabilité, le Fonds a également nécessité un partage des coûts : le gouvernement fédéral finançait à hauteur maximale de 50 % chaque projet, le reste des coûts admissibles étant assumé par des partenaires comme les gouvernements provinciaux et territoriaux, les établissements d’enseignement supérieur et des donatrices et donateurs privés. Au total, le programme a financé 143 projets, qui devaient être mis en chantier et achevés au plus tard en 2018.
Postes vedettes
- Aménagement - Professeure adjointe / agrégée ou professeur adjoint / agrégé (design d’intérieur)Université de Montréal
- Sociologie - Professeure adjointe ou professeur adjoint (féminismes, genres et sexualités dans les mondes noirs, africains et caribéens)Université de Montréal
- Sciences de la terre et de l'environnement - Professeure adjointe ou professeur adjoint (hydrogéologie ou hydrologie)Université d'Ottawa
- Études culturelles - Professeure ou professeurInstitut national de la recherche scientifique (INRS)
- Architecture - Professeure adjointe ou professeur adjoint (humanités environnementales et design)Université McGill
Laisser un commentaire
Affaires universitaires fait la modération de tous les commentaires en appliquant les principes suivants. Lorsqu’ils sont approuvés, les commentaires sont généralement publiés dans un délai d’un jour ouvrable. Les commentaires particulièrement instructifs pourraient être publiés également dans une édition papier ou ailleurs.