L’itinérance étudiante : l’angle mort qui menace la réussite académique au Canada

L'itinérance étudiante est un phénomène souvent considéré à tort comme un aspect normal et parfois même romancé du parcours universitaire. Pourtant, la réalité est tout autre.

07 octobre 2026
Photo courtoisie : iStock.com/aurumarcus

*Le prénom a été modifié pour préserver l’anonymat de la source. 

Après avoir complété tant bien que mal son parcours au Nova Scotia Community College en 2024, Maria* a dû renoncer à son ambition de poursuivre des études supérieures. « J’ai dû déménager quatre fois en 2023, sautant de sous-location en sous-location parce que c’était tout ce que je pouvais m’offrir. », confie-t-elle. 

Pour fuir les avances sexuelles d’un propriétaire, la violence d’un colocataire, et de mauvaises expériences en résidences, l’étudiante s’est résolue à vivre et à étudier dans sa voiture. « Je me réveillais très tôt, j’allais chercher de la nourriture, puis je me rendais au collège. J’y restais le plus tard possible pour repousser le moment de partir. » Elle a été en situation d’itinérance de 17 à 21 ans. 

Son rêve de devenir enseignante s’est buté à un marché locatif inaccessible aux jeunes de moins de 21 ans sans historique de crédit ou garant parental. « Aucun être humain ne peut exceller lorsqu’il est en état de détresse. Si j’avais été en sécurité dans un appartement normal, j’aurais réussi à l’école pour la première fois de ma vie. » 

Un diagnostic national alarmant 

Les chercheuses et chercheurs constatent que ce type de parcours est loin d’être isolé à l’échelle du pays. Au Canada, jusqu’à une personne étudiante sur quatre vivra une forme d’itinérance ou d’instabilité résidentielle au cours de son parcours postsecondaire. C’est le constat de l’étude « Post-Secondary Student Homelessness in Canada: Informing Prevention Through Qualitative Analysis » , publiée par le Réseau de recherche sur l’itinérance des étudiants postsecondaires (PSSHRN) en 2025, l’une des analyses qualitatives les plus complètes à ce jour sur le sujet. 

« Les premières données indiquent qu’environ 3,5 % des étudiants, soit près de 70 000 personnes au pays, vivent en situation d’itinérance », indique le chercheur Eric Weissman, directeur de l’étude et chercheur principal au PSSHRN. 


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L’enquête a été menée auprès de six établissements à travers le Canada : l’Université de l’Alberta, le Red Deer Polytechnic (RDP), le Nova Scotia Community College (NSCC), l’Université du Nouveau-Brunswick (UNB), l’Université Lakehead et l’Université de la Colombie-Britannique (UBC). 

« Les causes sont le plus souvent la perte d’emploi ou la perte de logement (36 %), ce qui force les personnes étudiantes à choisir entre poursuivre leurs études ou trouver un toit. Certains finissent par dormir dans leur voiture, camper à l’extérieur ou vivre dans des conditions précaires, ce qui compromet leur réussite scolaire. » D’autres causes ont été mises en lumière tels les conflits ou violences domestiques (27 %) ainsi que les logements insalubres ou dangereux (14 %). 

Causes courantes de l’itinérance

0 % 10 % 20 % 30 % 40 % 4 % 7 % 14 % 27 % 36 % 18 % Santé mentale Perte de logement (vente de la propriété, rupture, expulsion, etc.) Logement non sécuritaire Conflit ou violence familiale Précarité financière Fuite du pays d’origine
Source : Weismann et al. (2025), Post-Secondary Student Homelessness in Canada: Informing Prevention Through Qualitative Analysis, Canadian Observatory on Homelessness Press.

L’équipe de recherche a mené des entretiens avec 65 personnes étudiantes touchées et 54 membres du personnel institutionnel. Le profil type révèle une surreprésentation des femmes, des groupes racialisés et des personnes 2SLGBTQ+, majoritairement âgés de 19 à 30 ans. Les conséquences académiques sont dévastatrices puisque près de 70 % des personnes touchées par le sans-abrisme abandonnent leur programme et décrochent. 

M. Weissman explique ce qui a mené à ce projet de recherche. « Tout a commencé en 2017, alors que j’enseignais au RDP. J’ai constaté que beaucoup d’étudiants frappaient à ma porte pour parler de leurs difficultés, et certains disaient qu’ils étaient sans-abri. Je leur parlais ouvertement de mon propre parcours. » En tant qu’ancien sans-abri et victime de dépendance, il a surmonté cette période avant de poursuivre ses études universitaires et de devenir chercheur principal au PSSHRN. 

Le « starving narrative » : quand la précarité est romancée 

Ce diagnostic national trouve un écho direct au Québec, où une recherche-action :  L'itinérance en contexte universitaire : une recherche-action à l'Université Laval, vient d'être lancée. 

Le projet d'Annie Fontaine, professeure à l’École de travail social et de criminologie de l’Université Laval, provient d’indices découverts à même le campus. « En 2022-2023, le Bureau de la responsabilité sociale de l'établissement a découvert des effets personnels abandonnés sur le campus ce qui démontrait que des personnes sans-abri, dont d'anciens étudiants, s'y réfugiaient. Cela a mené à la création d'un Comité de réflexion sur l'itinérance. » 

« Aucun être humain ne peut exceller lorsqu'il est en état de détresse »

Pour Mme Fontaine, le premier obstacle est culturel. Elle évoque le concept de  starving narrative, cette tendance sociétale à romancer la pauvreté étudiante. 

« Il y a cette idée que c’est normal d’avoir faim, d’être précaire, que manger des ramens pendant quatre ans fait partie du folklore universitaire, explique la chercheuse. L’étudiant se retrouve pris entre deux pôles stigmatisants : d'un côté, on banalise sa détresse, et de l'autre, on le perçoit comme un privilégié de la société qui doit performer. Cette polarisation bloque le recours à l'aide. » 

Elle insiste sur le fait que l’itinérance provient d’un continuum d'instabilités, d'un processus dynamique de dégringolade. « Au Québec, le mot itinérance renvoie directement à l'idée de devoir tracer un itinéraire permanent pour combler ses besoins de base comme se doucher, étudier, dormir. Dans l'itinérance cachée, les étudiants bricolent des stratégies de survie. Certains passent pour des "party animals" qui courent toutes les fêtes, mais c'est parfois une stratégie pour s'assurer un toit jusqu'au lendemain ou simplement manger. Le point de bascule survient lorsque les difficultés s'imbriquent : à la précarité financière s'ajoute une rupture amoureuse, le réseau de soutien s'épuise, la santé se détériore, et le parcours scolaire commence à s'effondrer. » 

Cette détérioration affecte ce que les sociologues appellent « l'insécurité ontologique », qui décrit l’état où une personne perd ses repères fondamentaux et sa continuité biographique ébranlant l’identité profonde et la confiance en soi. 

Formes d’itinérance vécue

0 % 10 % 20 % 30 % 40 % 12 % 40 % 30 % 18 % 8 % Sans abri, à l’extérieur Itinérance cachée Hébergement provisoire Hébergement d’urgence Itinérance épisodique
Source : Weismann et al. (2025), Post-Secondary Student Homelessness in Canada: Informing Prevention Through Qualitative Analysis, Canadian Observatory on Homelessness Press.

Jayne Malenfant, professeure à l’Université McGill et spécialiste des trajectoires d'itinérance chez les jeunes, constate quotidiennement les dommages de cette normalisation, en particulier chez les populations les plus vulnérables. 

« Il y a cette idée que c’est normal d’avoir faim, d’être précaire, que manger des ramens pendant quatre ans fait partie du folklore universitaire » 

« Cela fait tellement longtemps qu’on répète qu’il est normal pour un étudiant d’être pauvre, d’en arracher pour payer son loyer ou sa nourriture, que plusieurs ne réalisent même pas qu’ils sont en situation d’itinérance, observe-t-elle. C'est particulièrement vrai pour les étudiants internationaux. Ils vivent une précarité extrême, mais n'osent pas chercher de services parce qu'ils croient que leur situation fait simplement partie du cheminement normal. » 

La chercheuse rappelle d'ailleurs que la crise actuelle du logement a complètement redéfini les règles du jeu. « Le contexte n'a plus rien à voir avec celui d'il y a cinq ou dix ans. Trouver un toit stable est devenu d'une complexité absolue. On le voit de plus en plus de jeunes adultes au Québec et au Canada sont forcés de rester chez leurs parents jusqu'à 25, 30 ans, ou même plus, parce que le marché est inaccessible. Pour ceux qui n'ont pas cette option familiale, le système bascule. » 


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Ce déséquilibre est chiffré dans le récent rapport du Caucus sur le logement étudiant de l'Université d'Ottawa . Ses données révèlent que le loyer étudiant moyen s'élève à 935,41 $ à Ottawa contre 830,10 $ du côté québécois. Pour un jeune adulte payé au salaire minimum, cela représente 54 heures de travail par mois uniquement pour payer son toit, avant même de se nourrir ou d'étudier. 62 % des personnes répondantes ont affirmé que cette précarité nuit gravement à leur santé mentale, tandis qu'un tiers ont affirmé devoir composer avec des logements insalubres, infestés de moisissure ou de vermine. 

Face à cette impasse, de nombreux jeunes cherchent des solutions en dehors des canaux officiels. Certains étudiants et étudiantes en itinérance cachée se tournent vers des forums en ligne pour apprendre à organiser leur quotidien et dissimuler leur situation. Sur des plateformes comme Reddit, ils demandent anonymement comment poursuivre leurs études sans logement stable. Ils y échangent des stratégies de survie tels que l’accès aux douches des salles de sport, l’utilisation discrète des infrastructures du campus, ou des façons de masquer leur situation à leur entourage. Dans certains cas, la voiture devient un espace de vie permanent. L’énergie consacrée aux études est constamment absorbée par la nécessité de survivre. 

Des solutions émergentes 

Face à cette réalité, plusieurs établissements appliquent de nouvelles approches.  

Près de Toronto, l'Université York a créé en 2025 la ressource d’aide Complex Communities, une unité de sécurité communautaire d'un genre nouveau. « C’était une réponse à l’augmentation du nombre de personnes en situation d’itinérance sur le campus. Nous voulions une approche sécuritaire, sans application de la loi ni présence de la police, pour soutenir les gens », explique Andrea W. Westbrook, gestionnaire du programme. « Environ 40 % des personnes rencontrées sont affiliées à York (étudiants, anciens, membres du personnel). De plus, les étudiants internationaux sont particulièrement vulnérables représentant 10 % de ceux qui trouvent refuge ici. » 

Sur le terrain, elle accompagne actuellement entre 15 et 20 étudiantes et étudiants actifs, un chiffre qui ne représente que la pointe de l'iceberg, selon elle. 

Le programme Discovery University, mené par la Mission d’Ottawa, en partenariat avec l’Université d’Ottawa, l’Université Carleton et l’Université Saint-Paul, propose gratuitement des cours universitaires aux personnes en situation d’itinérance ou à faible revenu. Une initiative qui vise à briser l’isolement social et à maintenir un lien avec l’éducation.  


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Du côté des maritimes, l'Université du Nouveau-Brunswick mentionnée dans la recherche pour l'étude nationale de 2025 a notamment déployé un partenariat de cohabitation avec la plateforme SpacesShared, qui unit des étudiants avec des hôtes locaux. L'université a également augmenté son budget d'aide financière d'urgence, élargi l'accès à ses banques alimentaires de campus et offre des programmes de cartes-cadeaux d'épicerie.  

À l’Université d’Ottawa, l’approche prend une forme innovante et passe par l’implication directe des personnes étudiantes grâce à des  sprints d’innovation . Ces expériences d’apprentissage intensives de quelques jours permettent aux étudiants d'obtenir 1 à 1,5 crédit en travaillant en équipe sur des enjeux sociétaux complexes.

Photo courtoisie : Sprint Innovation, Université d'Ottawa

 L’École de gestion Telfer a notamment soutenu le Sprint contre l'itinérance étudiante en collaboration avec la Faculté des sciences sociales.  

Pour Stéphane Brutus, doyen de l’École de gestion Telfer, il s'agit d'une réponse nécessaire à une crise qui touche de près la communauté étudiante. « On voit bien que nos étudiants souffrent. Ces enjeux les touchent de près, touchent leur cercle d’amis. En leur donnant une voix, on leur permet de proposer des pistes de solutions. » 

Pour lui, le problème n’est pas le manque de services aux étudiantes et étudiants. «C’est qu’il y a un manque de coordination ». En impliquant des partenaires communautaires locaux comme le Youth Service Bureau of Ottawa pour coacher les étudiantes et étudiants lors des sprints d’innovation, l’université décloisonne les secteurs. « C’est gagnant, gagnant, gagnant. La communauté gagne, les étudiants gagnent et la faculté gagne aussi. Ce sont des problèmes complexes qui ne se règlent pas avec un seul angle, qu’il soit économique, légal ou social. Cela requiert une pensée interdisciplinaire », précise le doyen.  

Cette dynamique a mené au développement de NextRoom, une plateforme d'entraide conçue par Aidan Fitzmaurice et d'autres étudiantes et étudiants d'Ottawa, de Carleton et de l'Université du Québec en Outaouais pour sécuriser l'accès au logement . 

« Les étudiants ont besoin d'un toit abordable, pas de marketing de luxe » 

« Même l'université a été surprise par l'ampleur du problème, partage M. Fitzmaurice, étudiant de deuxième année en science politique à l’université d’Ottawa. L’itinérance étudiante, ce n'est pas forcément vivre dans la rue. Le vrai problème qui grandit, c'est le couch surfing dans des environnements dangereux ou inadaptés. Des étudiants vivent chez des amis sans bail. Ils sont à une dispute près de se retrouver à la rue. Cela crée des dynamiques de pouvoir dangereuses. J'ai fait ma thèse là-dessus. Il y a même des cas de logement contre services sexuels. C'est un déséquilibre total. » 

Le jeune chercheur pointe du doigt la monopolisation et la financiarisation du logement étudiant privé, où de grands complexes résidentiels de luxe exigent des loyers dépassant les 1 500 $ par mois. « Les gestionnaires immobiliers corporatifs chargent des fortunes en vendant des commodités dont on n'a pas besoin, comme des séances de puppy yoga », dénonce-t-il. « Pendant ce temps, certaines bourses d'études ne couvrent même pas 1 000 $ par semestre. Les étudiants ont besoin d'un toit abordable, pas de marketing de luxe. »¸ 

M. Weissman souligne que, même si le Canada dispose de stratégies nationales sur le logement et la pauvreté, aucun programme ne cible spécifiquement l’itinérance étudiante, contrairement à d’autres groupes comme les familles ou les élèves du primaire et secondaire.  

Interpellé au sujet des programmes ciblés, le ministère du Logement, Infrastructures et Collectivités Canada (LICC) nie le délaissement de la population étudiante, tout en renvoyant une partie des responsabilités aux autres paliers politiques. « Bien que les établissements d’enseignement relèvent principalement de la compétence des provinces et des territoires, le gouvernement du Canada joue un rôle de premier plan dans la prévention et la réduction de l’itinérance », a indiqué le ministère par courriel. 

Pour Ottawa, la solution passe par des enveloppes globales plutôt que par un ciblage exclusif. Le gouvernement souligne que sa stratégie phare, Vers un chez-soi, a financé près de 2 800 projets destinés aux jeunes de 13 à 24 ans à travers le pays. LICC met également de l'avant l'élimination récente de la TPS sur les nouvelles résidences étudiantes construites par les universités et un investissement de 273 millions de dollars via la SCHL pour financer 2 141 logements étudiants. De plus, toujours selon la même source, le nouveau programme Maisons Canada promet d'inclure les logements locatifs étudiants, sur campus et hors campus, dans son enveloppe d'un milliard de dollars. 

Cependant, cette approche par enveloppes globales et par prêts bancaires est loin de faire l'unanimité chez les spécialistes du logement. 

Dans un article publié dans la revue Lien social et Politiques, le chercheur de l’INRS Nick Revington analyse ce qu'il appelle l'« étudiantisation » des quartiers urbains, cette transformation profonde d’un quartier urbain par l’arrivée massive et la concentration de la population étudiante. 

« Cela crée une sorte de bifurcation, explique M. Revington.  Il y a des étudiants qui peuvent se permettre le type de logement haut de gamme, et d'autres qui en seront exclus. » Dans le contexte actuel de la crise du logement au Canada, cette dynamique force les populations étudiantes les plus vulnérables à s'éloigner des campus. « Ceux qui ne peuvent pas payer sont contraints de chercher un appartement de plus en plus loin, de multiplier les correspondances de transport en commun pour se rendre en classe, ou de basculer dans la précarité extrême et de vivre dans leur voiture. » 

« Si les étudiants ne peuvent plus se loger, l’université perd sa raison d’être »

Pour le chercheur, cette crise est amplifiée par un désintérêt gouvernemental qui perdure depuis des décennies. « Jusque dans les années 1970 et 1980, la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) aidait les universités à construire des résidences. Depuis, une trentaine ou une quarantaine d'années, il y a eu une absence totale d'attention des gouvernements pour le logement étudiant. Cela s'inscrit dans une tendance plus large de désinvestissement du logement social qui nourrit la crise de l'itinérance actuelle », déplore-t-il. 

Même si Ottawa a récemment ouvert son Programme de prêt pour la construction d'appartements aux institutions postsecondaires, le chercheur reste méfiant quant à sa portée réelle. « C'est basé sur l'idée de financer le privé ou de demander aux universités d'agir comme des promoteurs immobiliers. Les universités doivent quand même posséder les capitaux initiaux et être capables de payer les intérêts sur ces prêts. Ce n'est pas de l'argent gratuite pour construire des résidences abordables. » 

Selon lui, les paliers de l'État se renvoient constamment la balle. « Personne ne veut toucher à cet enjeu. Le fédéral affirme que le logement étudiant relève de l'enseignement supérieur, donc des provinces. Les provinces répliquent que c'est un enjeu de logement, donc de la SCHL et d'Ottawa. Pendant ce temps, les municipalités gèrent les crises d'itinérance et les effets de l'étudiantisation sur le terrain, mais ce sont elles qui ont le moins de pouvoir et de ressources directes pour agir. » 

Selon Eric Weissman, les universités doivent voir l’enjeu comme une crise existentielle. « Si les étudiants ne peuvent plus se loger, l’université perd sa raison d’être », conclut-t-il.  

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