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POINT DE VUE DE L'ADMINISTRATEUR

Une période passionnante pour l’équité, la diversité et l’inclusion

Une nouvelle charte fédérale accompagnée d’une contrepartie financière aidera les établissements à cerner les obstacles systémiques.

par SHEILA COTE-MEEK | 26 JUIN 19

En 2015, le premier ministre du Canada a posé un geste historique et annoncé la formation du premier cabinet fédéral à compter autant d’hommes que de femmes. Quand on lui a demandé de préciser pourquoi cette parité était importante à ses yeux, il a répondu : « Parce que nous sommes en 2015. » Maintenant en 2019, la ministre fédérale des Sciences et des Sports, Kirsty Duncan, a dévoilé en mai une version canadienne de la Charte Athena SWAN, nommée Dimensions. Il s’agit du début d’une période passionnante et prometteuse pour les personnes qui ont milité pour l’équité.

La création, dans le cadre de cette initiative, d’un fonds de renforcement des capacités en matière d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI) m’a particulièrement enthousiasmée. Ce fonds vise à aider les établissements à repérer et à éliminer « les obstacles systémiques qui nuisent à l’avancement professionnel, au recrutement et au maintien en poste des groupes sous-représentés » dans le milieu de la recherche. Ces groupes comprennent les femmes, les peuples autochtones, les minorités racisées, les personnes handicapées et les personnes LGBTQ2+. Il importe de créer un fonds pour soutenir ce changement stratégique pour plusieurs raisons, dont le fait que les subventions de recherche ciblées permettent aux établissements de participer au processus et de mettre en place des initiatives en matière d’EDI.

Encourager la diversité

Les chefs d’établissement doivent saisir cette occasion pour faire en sorte que leur établissement reflète la diversité qui règne dans la société. Mais autant que la représentation est importante, il est essentiel de voir au-delà des chiffres. Adopter et valoriser les principes d’EDI présente de grands avantages pour les établissements. En voici trois.

D’abord, les études montrent que les équipes diversifiées prennent de meilleures décisions que les autres. Pensez-y! Le fait d’échanger avec des gens qui ont des points de vue différents du vôtre peut s’avérer bénéfique. Il est fascinant de découvrir les idées novatrices et créatives qui en résultent.

Lors de mes études doctorales, je me suis souvent retrouvée avec une trentaine d’autres étudiants aux cycles supérieurs, poursuivant des projets de recherche tous différents. Notre directeur de recherche nous réunissait régulièrement pour que nous puissions discuter de nos travaux et échanger.

Au début, cette démarche m’avait laissée un peu perplexe, comme beaucoup d’autres. Je me disais que nous étions trop différents pour vraiment nous comprendre. Pourtant, après avoir baissé ma garde et fait l’effort d’écouter mes pairs et de m’exprimer, j’ai été stupéfaite des résultats. C’était d’ailleurs l’une de mes expériences d’apprentissage les plus significatives.

Aujourd’hui, je suis consciente que les gens expriment des idées, des opinions et une vision du monde qui découlent de leurs expériences personnelles et professionnelles. Cela aide à cerner les enjeux, à relever les défis et à prendre des décisions qui ne sont pas unilatérales.

Mon travail auprès de plusieurs dirigeants m’a par ailleurs appris que les meilleurs dirigeants sont ceux qui valorisent la diversité sous toutes ses formes, y compris la diversité intellectuelle. Leur manière d’échanger avec autrui favorise l’ouverture et un dialogue qui contribuent à l’engagement des employés.

Enfin, l’EDI apporte une valeur ajoutée. En 2019, il est temps de respecter les principes d’EDI, et il s’agit de la bonne chose à faire. Le fait d’apprendre des autres en tentant de multiplier les échanges et de veiller à mieux comprendre autrui est enrichissant sur tous les plans. Comme on dit, « on ignore ce que l’on ignore ». En d’autres termes, accroître la diversité nous aide à cerner la réalité d’autrui.

Bien sûr, il arrive que des actions et des programmes ciblés soient nécessaires pour nous aider à repenser notre rapport aux autres et à la société. En l’absence de telles initiatives, nous avons tendance à nous fier aux anciennes pratiques et à nous en tenir à ce qui a toujours fonctionné. L’adoption de la version canadienne de la charte Athena SWAN est selon moi une occasion de renouveler notre réflexion et de retrouver l’inspiration. Il est temps de le faire!

À PROPOS SHEILA COTE-MEEK
Sheila Cote-Meek
Sheila Cote-Meek est vice-rectrice adjointe à l’enseignement et aux programmes autochtones à l’Université Laurentienne. Sa chronique paraîtra tous les deux numéros.
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